DPE 2027 : certains appartements parisiens pourraient échapper aux prochaines interdictions de location  – sans travaux

À partir du 1er janvier 2027, une nouvelle méthode de calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE) pourrait améliorer le classement de nombreux logements chauffés à l’électricité. Une évolution particulièrement importante pour les propriétaires bailleurs, à un peu plus d’un an de l’interdiction de location des logements classés F.
À Paris, les petites surfaces pourraient être parmi les principales bénéficiaires.

Une nouvelle évolution du DPE au 1er janvier 2027

Le diagnostic de performance énergétique continue d’évoluer. Après une réforme destinée aux petites surfaces en 2024, puis une modification du calcul pour les logements utilisant l’électricité en janvier 2026, une nouvelle étape entrera en vigueur le 1er janvier 2027.

L’arrêté du 19 août 2026, publié au Journal officiel du 26 août, prévoit d’abaisser de 1,9 à 1,7 le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire. Ce coefficient intervient dans le calcul de la consommation énergétique des logements. Sa diminution permet de réduire la consommation d’énergie primaire comptabilisée pour les usages électriques, sans modifier la quantité d’électricité réellement consommée.
Concrètement, certains logements pourront obtenir une meilleure étiquette DPE sans travaux ni changement d’équipement.

Selon les estimations du ministère chargé du Logement, environ 300 000 résidences principales pourraient sortir des classes F et G à l’échelle nationale grâce à cette nouvelle évolution, sur la base du parc recensé début 2025.

Cette réforme prolonge celle entrée en vigueur en janvier 2026, qui avait déjà abaissé le coefficient électrique de 2,3 à 1,9, comme nous l’expliquions dans notre article Immobilier : ce qui change en 2026.

Mais cette fois, le calendrier donne à la mesure une portée particulière : elle intervient à seulement un an de la prochaine échéance d’interdiction de location.

Interdictions de location : un calendrier qui se rapproche

La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 prévoit un calendrier progressif de renforcement des exigences de performance énergétique pour les logements mis en location en France métropolitaine.

  • 1er janvier 2025 : logements G interdits à la location
  • 1er janvier 2028 : logements F interdits à la location
  • 1er janvier 2034 : logements E interdits à la location

Ces dispositions s’appliquent aux nouveaux contrats de location ainsi qu’aux baux renouvelés ou tacitement reconduits après chaque échéance. Un bail en cours ne prend donc pas automatiquement fin à la date de l’interdiction.

Pour les propriétaires bailleurs, le classement énergétique est devenu un élément déterminant de la stratégie immobilière, comme nous l’évoquions dans notre article consacré à la gestion locative à Paris.

Pourquoi la réforme de 2027 pourrait changer la donne ?

Un appartement actuellement classé F qui obtiendrait une étiquette E grâce au nouveau calcul ne serait plus concerné par l’échéance de 2028. Il pourrait continuer à être loué, sous réserve du respect des autres critères de décence, jusqu’à l’application des exigences prévues en 2034. Pour ce propriétaire, la prochaine échéance réglementaire serait ainsi repoussée de six ans.

Un logement G passant en F pourrait également satisfaire à nouveau au critère de décence énergétique en 2027, mais resterait concerné par l’échéance de 2028.

Enfin, un appartement passant de E à D ne serait plus visé par l’interdiction programmée pour 2034.

Ces changements ne sont toutefois pas automatiques. Ils dépendent du diagnostic initial, de la part de l’électricité dans les consommations énergétiques et de la proximité du logement avec les seuils de classement. À noter que le classement DPE dépend à la fois de la consommation d’énergie primaire et des émissions de gaz à effet de serre.

Pourquoi les petites surfaces parisiennes pourraient être particulièrement concernées ?

Paris possède un parc immobilier ancien important, composé de nombreux studios et petits appartements, dont une partie est équipée de radiateurs électriques individuels.
Or, ces logements sont particulièrement exposés aux mauvaises étiquettes énergétiques.

Une étude publiée en juin 2024 par l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) montrait que les logements de moins de 40 m², chauffés à l’électricité et construits avant 1948, représentaient 33 % des passoires énergétiques diagnostiquées dans la Métropole du Grand Paris.

La réforme de juillet 2024, qui avait adapté les seuils du DPE aux petites surfaces, avait déjà permis à près de 13 000 logements diagnostiqués à Paris de sortir des classes F et G. La nouvelle baisse du coefficient électrique pourrait bénéficier à une partie du parc ancien parisien, sans qu’il soit encore possible d’établir précisément combien d’appartements changeront de classe.

Il faut néanmoins distinguer les deux dispositifs : la réforme de 2024 modifiait les seuils de classement des petites surfaces, tandis que celle de 2027 concerne le coefficient de conversion de l’électricité.

Des conséquences possibles sur les loyers et la valeur des biens

L’amélioration du DPE ne concerne pas uniquement la possibilité de louer un appartement.

Depuis août 2022, les logements classés F et G sont soumis à un gel des loyers, notamment lors de leur révision annuelle ou de leur relocation.
Un propriétaire dont le logement passerait de F à E pourrait donc sortir de cette restriction spécifique, une fois le nouveau classement officiellement attesté.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il pourrait augmenter librement son loyer. À Paris, d’autres règles encadrent les loyers, notamment les limitations applicables en zone tendue et, selon le cadre juridique en vigueur, les loyers de référence.

Nous détaillons ces contraintes dans notre article sur l’encadrement des loyers à Paris en 2026.

Du côté des transactions immobilières, un meilleur classement énergétique pourrait également influencer la commercialisation et les négociations, notamment pour les appartements initialement considérés comme des passoires énergétiques.

Il convient cependant de rappeler qu’une meilleure étiquette ne garantit ni une hausse automatique du prix de vente ni une amélioration du confort du logement.

Comment connaître sa nouvelle étiquette DPE en 2027 ?

Les propriétaires disposant d’un DPE en cours de validité n’auront pas besoin de faire réaliser un nouveau diagnostic uniquement pour bénéficier du changement de coefficient.

À partir du 1er janvier 2027, ils pourront consulter l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe et, si leur classement s’améliore, télécharger gratuitement une attestation officielle de nouvelle étiquette.
Cette attestation prendra en compte le nouveau coefficient électrique sans modifier les autres données du diagnostic initial.
Elle conservera la même date de fin de validité que le DPE d’origine et pourra être utilisée dans le cadre d’une vente ou d’une location.

Les DPE réalisés à compter du 1er janvier 2027 intégreront directement la nouvelle méthode de calcul.

Pour les propriétaires d’appartements actuellement classés F ou G, cette vérification constituera une démarche importante avant d’engager des travaux ou d’envisager une nouvelle mise en location.

Ce qu’il faut retenir pour les propriétaires parisiens

La réforme du DPE de janvier 2027 ne modifie pas le calendrier légal des interdictions de location.
Elle pourrait en revanche changer la situation de certains logements au regard de ces obligations.

Pour un appartement passant de F à E, le changement de calcul pourrait notamment permettre de repousser l’échéance de 2028 à 2034, sans réalisation de travaux.
Cette évolution pourrait modifier les décisions de rénovation, les perspectives locatives et les stratégies patrimoniales de certains propriétaires.

Mais un meilleur classement administratif ne doit pas faire oublier l’essentiel : la qualité énergétique réelle d’un logement reste un élément déterminant de son confort, de ses charges et de sa valeur à long terme.

Pour les propriétaires bailleurs parisiens, l’enjeu sera donc de vérifier les conséquences du nouveau calcul sur leur bien, tout en conservant une vision globale de sa performance énergétique et de ses éventuels besoins de rénovation.

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