Paris face à ses logements vides

Pourquoi les propriétaires ne louent plus ?
Malgré un marché locatif sous tension, les logements vacants se multiplient à Paris. Quelles en sont les causes ? Que prévoit la Ville pour y remédier ?

Selon les derniers chiffres relayés fin juillet 2025 par les notaires du Grand Paris et le site BFMTV, le nombre de logements vacants à Paris augmente sensiblement, en dépit d’une demande locative très forte. Ce paradoxe alimente une crise persistante du logement, surtout pour les ménages à revenus modestes et les jeunes actifs.

Paris comptait environ 128000 logements vacants en 2020, soit 9% du parc total, auxquels s’ajoutaient environ 134000 résidences secondaires, portant le total des logements inoccupés à 262000, selon l’APUR et l’INSEE. Cette tendance ne s’est pas inversée depuis, malgré les dispositifs d’incitation à la remise sur le marché locatif. En effet, en 2024, plusieurs enquêtes journalistiques (notamment Médiapart et Reporterre) estiment que le nombre de logements vacants pourrait avoisiner 145000 logements (hors résidences secondaires).

Pourquoi certains propriétaires préfèrent ne pas louer ?

Le refus de louer n’est pas toujours lié à la spéculation ou à l’attente de plus-values. Plusieurs facteurs entrent en jeu :

  • Peur de l’impayé ou des dégradations, malgré les dispositifs de garantie.
  • Contraintes juridiques et fiscales lourdes, ressenties comme dissuasives.
  • Travaux de rénovation énergétique obligatoires, devenus urgents (DPE F ou G).
  • Dans certains cas, il s’agit d’un héritage non géré, d’un bien en indivision ou en attente de vente.

Une fiscalité durcie pour les logements vacants ?

Face à cette situation, la Ville de Paris envisage de renforcer la taxe sur les logements vacants (TLV). Déjà majorée en 2023, cette taxe s’applique dans les communes situées en zones tendues, dont Paris fait historiquement partie.
La Ville de Paris prévoit ainsi d’étendre la surtaxe d’habitation sur les résidences secondaires dans certains arrondissements, pour renforcer la mobilisation du parc existant.

Quelles solutions pour remettre ces logements sur le marché ?

Plusieurs pistes sont évoquées :

  • Étendre le dispositif Loc’Avantages, qui propose des réductions fiscales aux bailleurs modestes.
  • Renforcer les garanties de loyer impayé (GLI), notamment pour les petites surfaces.
  • Financer davantage les travaux de rénovation énergétique, condition sine qua non à la location depuis 2025 pour les logements classés G.
  • Accompagner les propriétaires dans les démarches de mise en location via des acteurs publics ou para-publics.

La vacance locative à Paris n’est pas un mythe : elle reflète un blocage du système immobilier, où la peur, la contrainte réglementaire et les incertitudes fiscales dissuadent de louer. Pourtant, des leviers existent. Encore faut-il qu’ils soient renforcés et mieux communiqués.

Vous souhaitez vous informer sur les opportunités immobilières ? Contactez-nous !